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Quels sont les effets cognitifs et psychologiques de la pandémie de la COVID-19?

Texte mis à jour le 2020-05-20


L’isolement social est une source d‘anxiété pour les êtres hautement sociaux que nous sommes : les échanges sociaux et contacts sont essentiels pour notre bien-être ! En cette période d’épidémie, interagissons de manière sûre, à distance et protégée, et favorisons les accolades avec nos proches.

La situation liée à la COVID-19 est une source de stress pour plusieurs raisons : être malade ou avoir des proches malades, perdre un emploi et avoir des difficultés financières, ou la crainte que ces événements se produisent, l’incertitude générée par le manque d’information, les informations contradictoires ou imprécises de la part des autorités ou des médias.

Le confinement restreint les interactions sociales, les échanges avec ses proches, ses amis, ses collègues ainsi que les les contacts physiques.

L’anxiété peut entraîner des problèmes de sommeil et accroître des problèmes d’addiction à l’alcool ou au tabac, préexistants au confinement.

Parmi toutes les émotions et sentiments que la pandémie et ses conséquences ont pu susciter comme la sidération, la peur, la colère, la frustration, la résignation mais aussi l’acceptation, l’optimisme, il est normal de ressentir une ou plusieurs de ces émotions en cette période !

Cette situation a aussi des conséquences sociales. Au niveau familial, même si les hommes et les femmes sont souvent confinés et donc présents au domicile, cela n’a pas permis de diminuer les inégalités présentes dans la sphère domestique. Les femmes s’occupent plus souvent des tâches ménagères (repas, courses, ménage) et éducatives (école à la maison, devoirs, lien avec les enseignants) que les hommes, ce qui augmente leur charge mentale et les rend plus vulnérables au stress.


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Sources

Une enquête réalisée en France sur les deux premières semaines de confinement sur 1005 personnes

Présence de troubles du sommeil chez trois adultes sur quatre et des signes de détresse psychologique chez plus d’un français sur trois.

Cette enquête réalisée principalement dans les 27 pays de l’Union Européenne inclut 75 570 individus et teste les effets psychologiques du COVID-19 et du confinement sur la population. Le niveau de stress reporté par la population reste modéré. Les facteurs les plus importants du stress sont : l'économie nationale, le risque d'être hospitalisé ou de mourir, le risque d'être atteint par le COVID-19 et ne pas savoir combien de temps le confinement va durer.

Travaglino, G .A., Lieberoth, A., Tran T., Cepulic D., Kowa,M. ,Coll-Martín, T., Reyna, C., Vestergren, S.& The COVID-Stress International Collaboration (2020), How is COVID 19 affecting Europeans’ Lives? Report of the COVID-STRESS global survey.

Une enquête réalisée en Italie chez 18 147 personnes montre qu’après 3 à 4 semaines de confinement plus de 80% des individus présentent des symptômes de stress, de stress-post traumatique et d’insomnie, les femmes et les jeunes étant plus touchés.

Rossi, R, Socci, V, Talevi, D, Mensi, S, Niolu, C, Pacitti, F, Marco, A, Rossi, A, Siracusano, A, Di Lorenzo, G. (2020). COVID-19 pandemic and lockdown measures impact on mental health among the general population in Italy. An N=18147 web-based survey.

L’humain est un être ultra-social. Au cours de l’évolution, une forme unique de sociabilité est apparue chez l’humain qui explique en partie la spécificité de la cognition humaine et de la morale.

Tomasello, M. (2014). The ultra‐social animal. Eur. J. Soc. Psychol., 44: 187-194. doi:10.1002/ejsp.2015

Le toucher et les contacts physiques sont essentiels pour le bien être des humains, aussi bien pour le développement cognitif et socio-émotionnel de l’enfant que pour le bien être psychologique et physique chez l’adulte. La stimulation par le toucher de récepteurs sur la peau active des zones du cerveau impliquées dans le circuit de la récompense et du plaisir social. Le toucher, les contacts physiques renforcent les liens affectifs entre les humains et en ce sens, la peau est considérée comme un organe sensoriel mais aussi social. L’absence de stimulation de ces récepteurs peut entraîner un manque et un mal-être.

Jakubiak BK, Feeney BC. 2016. Affectionate touch to promote relational, psychological, and physical well-being in adulthood: a theoretical model and review of the research. Personal. Soc. Psychol. Rev. 21, 228–252. (10.1177/1088868316650307)

La fermeture des écoles liée au confinement pèse plus sur les femmes que sur les hommes. Les femmes en télétravail s’occupent en moyenne 1h30 de plus par jour des enfants et de leur éducation que les hommes en télétravail. Le confinement a augmenté les disparités qui préexistaient au confinement.

Hupkau, C, and Petrongolo, B (2020). Work, care and gender during the Covid-19 crisis, Paper No' CEPCOVID-19-002: Preprint CEP Covid-19 Analysis.

Une enquête réalisée en France sur 1025 personnes qui montre que pendant le confinement 59% des femmes considère passer plus de temps que leur conjoint à réaliser des tâches ménagères ou à s’occuper des enfants alors que 25% des hommes considère passer plus de temps que leur conjointe à ces tâches.

Lévy, JD., Potereau, J., Prunier, A., (2020), L’impact du confinement sur les inégalités femmes/hommes. Harris Interactive en France pour le secrétariat d’état chargé de l’égalité entre les hommes et les femmes et de la lutte contre les discriminations.

Les signalements de violence intrafamiliales ont augmenté d’un tiers depuis le début du confinement en France. Ces violences sont un facteur de risque de l’apparition de pathologies mentales.

En France, si vous êtes victime ou si vous avez connaissance d'une situation de maltraitance d'un enfant, vous pouvez appeler le 119. Si vous êtes victime ou si vous avez connaissance d'une situation de violence envers une femme, vous pouvez appeler le 3919.

Pour aller plus loin

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