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Comment évaluer les risques dans notre vie quotidienne ?

Texte mis à jour le 2020-06-19


L’épidémie de COVID-19 nous amène à reconsidérer notre quotidien sous un nouvel angle : comment limiter les risques liés à l’infection par SARS-CoV-2 que nous prenons pour nous et pour les autres ? Pour évaluer les risques dans notre vie quotidienne: une échelle de risque, facile d’utilisation et un questionnaire pour aller plus loin.

La contamination par le coronavirus SARS-CoV-2 dépend de plusieurs paramètres :

Toutes les situations de la vie courante ne se ressemblent pas, certaines sont sans risque de contamination, comme par exemple une promenade seul en forêt, alors que d’autres présentent un risque maximum de contamination, comme par exemple un apéritif avec des amis autour d’un bol de cacahuètes.

En plus du risque de contamination, il y a aussi le risque de développer une forme grave de la COVID-19. Le risque n’est pas le même pour un enfant de 10 ans et pour une personne de 70 ans. Pour les personnes vulnérables ou pour ceux qui fréquentent des personnes vulnérables, la prudence est de mise.

Echelle de risque

Pour avoir une idée du risque d’être infecté par le coronavirus SARS-CoV-2 ou d’infecter quelqu’un, nous proposons une échelle de 0 à 4 qui illustre différentes situations de la vie quotidienne, de la moins risquée (risque = 0) à la situation la plus risquée (risque = 4).

Pour illustrer l’échelle de risque, voici quelques situations typiques qui vont vous aider à vous représenter les différents niveaux :

  1. Risque niveau 0 : Vous êtes chez vous en visioconférence, ou vous téléphonez à vos amis, vos collègues, vos proches. Aucune personne extérieure à votre foyer n’est avec vous. C’est le risque 0. Souriez ! Vous n’avez pas besoin de masque !

Quelques situations typiques de risque 0

  1. Risque niveau 1 : Vous faites une balade en forêt avec un ami. Vous n’avez pas de masque. Vous vous parlez mais vous êtes à plus d’un mètre de distance l’un de l’autre. Le risque est faible : 1 sur 4.

Quelques situations typiques de risque 1

3. Risque niveau 2 : Vous êtes dans un bus avec votre masque. Même si vous faites attention à rester à distance des autres voyageurs, vous êtes dans un endroit clos. Le risque de toucher une surface qui n’a pas été désinfectée existe. Le risque est moyen. Il est de 2 sur 4.

Quelques situations typiques de risque 2

4. Risque niveau 3 : Vous êtes en réunion de travail avec votre collègue pendant plus d’une heure. Il vous passe son ordinateur pour partager avec vous une vidéo, une photo… Vous touchez tous les deux le clavier, une surface qui n’a pas été désinfectée. Vous n’avez pas de masque. Le risque est élevé. Il est de 3 sur 4.

Quelques situations typiques de risque 3

5. Risque niveau 4 : C’est l’apéritif, vous avez invité vos amis chez vous. Vous plongez tous vos mains dans le bol de cacahuètes qui est sur la table basse. C’est le risque maximal ! Il est de 4 sur 4.

Quelques situations typiques de risque 4

schema echelle

Questionnaire d’évaluation du risque

Si vous avez un doute et vous ne savez pas évaluer le risque d’une activité que vous avez prévue ou d’une situation que vous allez vivre, vous pouvez utiliser ce questionnaire d’évaluation du risque !

Il est difficile de lister toutes les situations de la vie et tous les cas particuliers. Pour remédier à cette limite, nous avons décomposé les situations de la vie courante en plusieurs paramètres : seul ou avec quelqu’un, dehors ou dedans, avec ou sans masque, avec des objets communs ou non, etc. Ce découpage permet de couvrir la grande majorité des situations de la vie personnelle et professionnelle. Pour estimer le risque, il suffit de répondre aux 20 questions de l’échelle et vous obtiendrez un score de risque allant de 0 à 4.

En conclusion: pour la gestion du risque, c’est à chacun de décider des risques qu’il prend, dans le cadre autorisé par la loi. Ceux qui sont vulnérables, ou qui sont en contact avec des personnes vulnérables, devront être particulièrement prudents : nous les voyons mal choisir délibérément une activité de risque 4. Enfin, même si on ne craint pas grand chose pour soi-même, la prudence est nécessaire pour protéger les autres et limiter la propagation de l’épidémie autant que possible.

Mise en garde de non-responsabilité :

La création de l’échelle et le choix des situations illustrant chaque niveau de risque ont été faits à partir des résultats d’une enquête réalisée en juin 2020 auprès de 11 scientifiques engagés dans une veille bibliographique active sur la COVID-19. Diverses situations de la vie courante ont été évaluées via 50 questions en utilisant une échelle de risque allant de 0 à 4. Le score associé à chaque situation est celui estimé par au moins 75% des scientifiques du groupe. Cette échelle de risque ainsi que le questionnaire d’évaluation du risque sont présentés à titre indicatif et ne constituent en aucun cas un avis médical, ni n’engagent la responsabilité de ses auteurs.


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Sources

Dans les environnements clos le risque de transmission du SARS-CoV-2 est 18,7 fois plus grand que à l’air libre.

Nishiura, H., Oshitani, H., Kobayashi, T., Saito, T., Sunagawa, T., Matsui, T., ... & Suzuki, M. (2020). Closed environments facilitate secondary transmission of coronavirus disease 2019 (COVID-19). medRxiv. PREPRINT

La ventilation des environnement clos, est un des facteurs importants pour réduire la concentration en SARS-CoV-2.

Liu, Y., Ning, Z., Chen, Y., Guo, M., Liu, Y., Gali, N. K., ... & Liu, X. (2020). Aerodynamic analysis of SARS-CoV-2 in two Wuhan hospitals. Nature, 1-4.

Dans un restaurant chinois avec air conditionné, la contamination des clients s’est faite en fonction du flux de ventilation du système d’aération.

Lu, J., Gu, J., Li, K., Xu, C., Su, W., Lai, Z., ... & Yang, Z. (2020). COVID-19 outbreak associated with air conditioning in restaurant, Guangzhou, China, 2020. Emerging infectious diseases, 26(7).

La distance physique entre les personnes (plus d’un mètre) et les masques protègent de la transmission du SARS-COV-2.

Chu, D. K., Akl, E. A., Duda, S., Solo, K., Yaacoub, S., Schünemann, H. J., ... & Hajizadeh, A. (2020). Physical distancing, face masks, and eye protection to prevent person-to-person transmission of SARS-CoV-2 and COVID-19: a systematic review and meta-analysis. The Lancet.

Parler augmente l’émission d’aérosols et la transmission du SARS-CoV-2 dans les environnements clos.

Stadnytskyi, V., Bax, C. E., Bax, A., & Anfinrud, P. (2020). The airborne lifetime of small speech droplets and their potential importance in SARS-CoV-2 transmission. Proceedings of the National Academy of Sciences, 117(22), 11875-11877.

Plus l’on parle fort et plus la taille et la quantité des particules aérosols émises augmentent.

Asadi, S., Wexler, A. S., Cappa, C. D., Barreda, S., Bouvier, N. M., & Ristenpart, W. D. (2019). Aerosol emission and superemission during human speech increase with voice loudness. Scientific reports, 9(1), 1-10.

Mesure de la stabilité du virus dans différentes conditions environnementales.

Chin, A., Chu, J., Perera, M., Hui, K., Yen, H. L., Chan, M., ... & Poon, L. (2020). Stability of SARS-CoV-2 in different environmental conditions. The Lancet, 2020.

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