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Cracher par terre est-il dangereux pour les autres ?

Texte mis à jour le 2020-06-02


Oui, car le coronavirus SARS-CoV-2 est concentré dans la salive, et il pourrait s’y dégrader plus lentement.

La salive des personnes infectées contient beaucoup de coronavirus SARS-CoV-2, et deux cas de contamination directe par crachat au visage ont été fortement suspectés, dans la gare de Victoria au Royaume-Uni.

Cracher sur le sol d’un lieu public pourrait participer à la propagation du virus, via la semelle des chaussures qui peut transporter et disperser les particules, remises en suspension dans l’air quand elles sèchent - mais cela n’a pas été encore étudié.

Le coronavirus résiste mal à la chaleur et ne survit pas longtemps en milieu extérieur. Dans le crachat, il est possible qu’il se dégrade moins vite car les protéines et l’humidité de la salive réduisent la sensibilité des virus à la chaleur.

Dans de nombreux pays, les crachats ont été interdits au siècle dernier pour limiter la propagation de la tuberculose (en France par exemple, décret du 22 mars 1942). Malgré cela, certaines personnes ont l’habitude de cracher fréquemment, dans la rue et dans les lieux ouverts au public. La décontamination des chaussées et trottoirs, parfois effectuée dans certaines villes, semble être un moyen disproportionné pour éliminer un virus qui ne survit que quelques heures voire quelques jours.

Enfin, en ville, il semble utile d’éviter de marcher sur ce qui ressemble à un crachat, et de retirer ses chaussures quand on rentre chez soi, pour éviter que les semelles ne contaminent le logement.


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Sources

Un grand nombre de copies du virus est trouvé dans la de salive « de toux » prélevée par les malades eux-mêmes, à Hong-Kong. Ce nombre de virus baisse au cours de la maladie, puis s’annule 8-10 jours après les premiers symptômes.

To, K. K. W., Tsang, O. T. Y., Yip, C. C. Y., Chan, K. H., Wu, T. C., Chan, J. M. C., ... & Lung, D. C. (2020). Consistent detection of 2019 novel coronavirus in saliva. Clinical Infectious Diseases.

A Melbourne, on a détecté le virus SARS-Cov-2 dans la salive de 85% des patients positifs par le test PNP. Le nombre de copies d’ARN détecté était moins grand dans la salive que dans le prélèvement nasal. Enfin, le virus a été détecté dans la salive de l’un des 50 patients au PNP négatif. Malgré une sensibilité qui semble un peu moindre dans la salive, les auteurs de cette étude australienne sont favorables à la généralisation des prélèvements salivaires, vu leurs avantages par ailleurs.

Williams, E., Bond, K., Zhang, B., Putland, M., & Williamson, D. A. (2020). Saliva as a non-invasive specimen for detection of SARS-CoV-2. Journal of Clinical Microbiology.

Deux cas de contamination directe par crachat au visage sont suspectés dans la gare de Victoria au Royaume-Uni.

Article de BBC News du 12 mai 2020.

Décret français interdisant les crachats par terre dans les lieux publics.

Daté du 22 mars 1942.

Les coronavirus sont sensibles à la chaleur: le SARS-Cov est inactivé en 30 min à 56°C. Par contre si l’on ajoute 20% de protéines à la suspension de virus il reste plus de 20000 virus après 30 min à 56°C, et l’on doit chauffer à 60°C pour inactiver la suspension virale

Rabenau, H. F., Cinatl, J., Morgenstern, B., Bauer, G., Preiser, W., & Doerr, H. W. (2005). Stability and inactivation of SARS coronavirus. Medical microbiology and immunology, 194(1-2), 1-6.

Pour aller plus loin