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Comment savoir si un vaccin est sûr et protège de la COVID-19 ?

Texte mis à jour le 2021-01-29


Des essais précliniques, puis cliniques (de phase 1, 2 et 3) permettent d’évaluer le dosage, la tolérance, la toxicité potentielle, les effets indésirables et l’efficacité d’un vaccin. Ensuite, après l’autorisation de mise sur le marché du vaccin, commence une phase de pharmacovigilance, pour suivre la tolérance et l’efficacité du vaccin en conditions réelles d’utilisation.

Un vaccin doit passer par plusieurs phases de développement.

Tout d’abord, les essais précliniques (sur des animaux) sont généralement réalisés sur des rongeurs, puis sur des singes. C’est une étape indispensable pour sélectionner les meilleurs candidats et éviter d’administrer à des humains des vaccins inefficaces ou qui provoqueraient trop de réactions inflammatoires. Ces essais peuvent souvent donner d’excellents résultats chez l’animal, mais pas forcément ensuite chez l’être humain.

Ensuite, les essais cliniques sont menés chez l’humain. Dans le cas des vaccins contre la COVID-19, des dizaines de milliers de personnes se sont portées volontaires pour ces essais cliniques, afin de déterminer si le vaccin est sûr et efficace. Ces essais incluent des personnes d’origines raciales et ethniques diverses, de sexe et d’âge différents, éventuellement présentant divers problèmes de santé chroniques (comorbidités). Les essais cliniques comportent quatre étapes. 

La phase I est la phase qui évalue la dose idéale et peut fournir un premier aperçu de la toxicité potentielle du vaccin. Elle est menée sur quelques dizaines de volontaires, permet de s’assurer que le vaccin est sûr et n’entraîne pas d’effets indésirables sévères. On y teste plusieurs dosages. De plus, on analyse avec soin la nature de la réponse immunitaire stimulée par le vaccin (taux d’anticorps neutralisants). 

La deuxième phase clinique, ou phase II, est la phase qui permet parfois d’affiner le dosage, de continuer à évaluer les effets indésirables et, surtout d’avoir une certaine idée de l’efficacité du vaccin chez l’être humain. Elle est conduite sur un échantillon plus grand (plusieurs centaines à plusieurs milliers de personnes) et permet de vérifier que les personnes vaccinées produisent bien les anticorps recherchés pour lutter contre la maladie. À ce stade, on ne cherche pas forcément à mesurer le taux de protection conféré par le vaccin, mais cela peut être fait. 

La phase III  permet d’évaluer la tolérance et l’efficacité du vaccin. Dans le contexte de la Covid-19, elle est menée généralement sur 20 à 50 000 volontaires en conditions réelles. Les volontaires sont distribués aléatoirement : soit dans le groupe de ceux qui vont recevoir le vaccin, soit dans le groupe “témoin” de ceux qui vont recevoir un placebo (une injection ne contenant pas le vaccin). Afin d’éviter tout biais, les volontaires et les thérapeutes ne savent pas ce qu’ils administrent et donc le patient ne sait pas ce qu’il reçoit. C’est la procédure dite en “double aveugle”.

Ensuite, chaque personne est suivie pendant plusieurs mois pour surveiller sa santé. La durée de suivi dépend de la fréquence de la maladie : elle a été très courte pour la Covid-19 car nous étions en phase pandémique avec beaucoup de virus circulant. On compare ensuite le groupe vacciné et le groupe placebo pour savoir si le vaccin a un effet contre la COVID-19. Toutes les réactions négatives au vaccin, mais aussi au placebo, qui se produisent généralement durant les jours suivant les injections, sont recherchées et répertoriées. Les volontaires sont également observés à long terme afin de détecter tout autre problème. Ces essais à grande échelle permettent de détecter certains effets indésirables rares (mais certains, apparaissant après des mois ou des années après la vaccination, ne sont pas détectés en phase 3), et de définir dans quelles classes d’âge ou groupes de population le candidat vaccin est efficace ou non.

Enfin, les essais de phase IV, qui suivent l’autorisation de mise sur le marché du vaccin, sont réalisés après la commercialisation du vaccin pour préciser son utilisation auprès de populations qui n’avaient pas été incluses dans les essais de phase II et III. C’est une phase de pharmacovigilance, pour suivre la tolérance au vaccin en conditions réelles d’utilisation. Il s’agit de vérifier si des effets indésirables très rares, mais graves, surviennent chez quelques unes des millions de personnes vaccinées et de suivre des effets indésirables qui pourraient apparaître à plus long terme.

Les résultats des essais sont examinés par des experts indépendants des entreprises qui fabriquent le vaccin, par les agences gouvernementales et les autorités de santé dans chaque pays. 

Les essais du vaccin COVID-19 ont commencé en 2020. Ces essais cliniques mobilisent plus de 200 000 participants à travers le monde, une multitude d’équipes de chercheurs et des moyens considérables, y compris dans des pays émergents comme l’Inde ou le Kazakhstan. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 180 vaccins sont actuellement étudiés, mais seulement quelques-uns ont fait l’objet d’essais cliniques chez les primates non humains ou chez l’humain.

Contre la COVID-19, au moins six vaccins ont fait l’objet d’essais cliniques de phase III de grande taille (plus de 10 000 participants) : ceux de Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Novavax, CureVac, Janssen/J&J, mais aussi des vaccins chinois et russes pour lesquels nous avons moins de données. La plupart des études de phase III en cours ont pour objectif un taux de protection d’au moins 50 % et comme critère primaire d’efficacité la prévention des formes légères à modérées de la maladie. Les formes légères à modérées sont plus fréquentes et plus précoces que les formes sévères et permettent ainsi d’avoir une idée de l’efficacité du vaccin plus rapidement que si les formes sévères avaient été analysées. Toutefois, cette approche interroge dans un contexte où ce sont les formes sévères qui pèsent sur les établissements de santé. Un seul de ces essais de phase III (vaccin Ad26.COV2.S de Janssen) a choisi pour critère primaire les formes modérées à sévères de la COVID-19.


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Sources

Les différentes étapes de développement d’un vaccin.

https://www.infovac.ch/fr/faq/developpement-d-un-vaccin

Les recommandations de la FDA de juin 2020 sur le développement d'un vaccin contre la COVID-19.

Development and Licensure of Vaccines to Prevent COVID-19 - Guidance for Industry, Juin 2020

Les recommandations de la FDA d’octobre 2020 sur le développement d'un vaccin contre la COVID-19.

Documents préparatoires à la réunion du Comité Vaccins prévue pour le 22 octobre 2020, FDA.

Article présentant les points-clés concernant les principaux vaccins développés contre la COVID-19.

Korsia-Meffre, S.(2020). Vaccins contre la COVID-19 : un point sur les essais de phase III en cours. Vidal. Article publié le 8 octobre 2020.

Point de situation sur les vaccins publié le 23 septembre 2020 dans le journal Nature.

Krammer, F. (2020). SARS-CoV-2 vaccines in development. Nature, 586(7830), 516-527.

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