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Pourquoi mettre un masque ?

Texte mis à jour le 2020-05-03


Mettre un masque, c’est protéger les autres, et aussi se protéger soi-même. C’est un geste barrière essentiel, quand on ne sait pas qui est contagieux ou vulnérable.

Les masques bloquent les gouttelettes émises par la bouche et le nez, qui peuvent contenir des particules virales infectieuses. Les mécanismes de blocage changent avec les dimensions des particules et sont non seulement mécaniques mais aussi électrostatiques. Les masques arrêtent les particules les plus grandes et ils attirent et trappent les particules chargées (comme un ballon de baudruche attire des morceaux de papier). La composition du masque et son adhérence au visage sont des facteurs très importants qui influencent son efficacité.

De nombreux individus qui n’ont pas de symptômes (“asymptomatiques”) ou n’en présentent pas encore (“pré-symptomatiques”) ou plus (“post-symptomatiques”) produisent des quantités importantes de virus dans la salive. Des particules virales sont présentes dans les gouttelettes émises dans l’air par le nez et la bouche lors de la parole, du chant, des cris, des éternuements, de la toux ou simplement de la respiration. Le masque, même artisanal, permet de limiter la diffusion des gouttelettes porteuses du virus qui pourraient infecter les autres. Donc le port d’un masque, en combinaison avec (et pas en substitution) des mesures de distanciation sociale, permet de contenir la transmission du virus.

Une étude récente estime que si au moins 80% de la population porte un masque, alors le nombre de personnes infectées augmente moins rapidement qu’avec la seule distanciation sociale et peut prévenir plus de décès qu’un confinement illimité qui n’est pas associé au port du masque. Le confinement “du nez et de la bouche” semble être plus efficace que le confinement des personnes, et ainsi permettre de diminuer la propagation du virus en augmentant notre bien-être !

Attention, le masque n’offre aucune garantie contre le risque de transmission indirecte par les mains, par exemple en ayant touché un objet contaminé puis en mettant sa main près de la bouche, ou en se frottant les yeux après avoir serré la main d’une personne porteuse du SARS-CoV-2 qui se serait mouchée.

La façon de parler (à voix basse ou à voix haute), ainsi que le fait de tousser, a un impact important sur l’émission de particules. Il est recommandé d’éviter pendant des discussions entre personnes à 1-3 mètres de parler à voix forte ou de tousser, même avec un masque.


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Sources

Une étude de 254 soignants pendant l’épidémie de SARS en 2003 montre que ceux qui portaient un masque ont été moins infectés que ceux qui n’en portaient pas.

Seto, W. H., Tsang, D., Yung, R. W. H., Ching, T. Y., Ng, T. K., Ho, M., ... & Advisors of Expert SARS group of Hospital Authority. (2003). Effectiveness of precautions against droplets and contact in prevention of nosocomial transmission of severe acute respiratory syndrome (SARS). The Lancet, 361(9368), 1519-1520.

Étude qui a comparé l’usage prolongé sur toute une journée d’un masque en tissu versus le port successif de 2 masques chirurgicaux dans un hôpital au Vietnam. Les masques en tissu présentent des risques d'infection plus élevés que les masques médicaux en raison de la rétention d'humidité, de la potentielle réutilisation de masques en tissu mal lavés et d'une filtration moins grande.

MacIntyre, C. R., Seale, H., Dung, T. C., Hien, N. T., Nga, P. T., Chughtai, A. A., Rahman, B., Dwyer, D. E., & Wang, Q. (2015). A cluster randomised trial of cloth masks compared with medical masks in healthcare workers. BMJ open, 5(4), e006577.

L’usage des masques en continue réduit la transmission du virus de la grippe des enfants malades aux adultes qui les soignent.

MacIntyre, C. R., Cauchemez, S., Dwyer, D. E., Seale, H., Cheung, P., Browne, G., Fasher, M., Wood, J., Gao, Z., Booy, R., & Ferguson, N. (2009). Face mask use and control of respiratory virus transmission in households. Emerging infectious diseases, 15(2), 233–241.

Les masques, même artisanaux, peuvent fonctionner comme des barrières qui réduisent la distance de dispersion des gouttelettes.

Rodriguez-Palacios, A., Cominelli, F., Basson, A., Pizarro, T., & Ilic, S. (2020). Textile Masks and Surface Covers - A 'Universal Droplet Reduction Model' Against Respiratory Pandemics. medRxiv.

Le masque diminue la quantité de coronavirus saisonnier humain et de virus de la grippe dans les gouttelettes et aérosols expirés. Eude proche des conditions réelles (pas de toux forcée, respiration pendant 30 min) pour tester l’efficacité des masques artisanaux. Les tests PCR sont effectués sur les gouttelettes de différentes tailles. L'action de barrière des masques artisanaux est très nette. À noter aussi que les patients malades ne toussant pas peuvent produire des gouttelettes contenant des virus.

Leung, N. H., Chu, D. K., Shiu, E. Y., Chan, K. H., McDevitt, J. J., Hau, B. J., ... & Seto, W. H. (2020). Respiratory virus shedding in exhaled breath and efficacy of face masks. Nature Medicine, 1-5.

Les mécanismes de blocage des gouttelettes et particules par les masques sont variés et changent avec les dimensions des particules.

Konda, A., Prakash, A., Moss, G. A., Schmoldt, M., Grant, G. D., & Guha, S. (2020). Aerosol Filtration Efficiency of Common Fabrics Used in Respiratory Cloth Masks. ACS Nano.

Masques chirurgicaux et respirateurs: propriétés, matériaux, mécanismes de filtration.

Institute of Medicine 2006. Reusability of Facemasks During an Influenza Pandemic: Facing the Flu. Chapter: 2 Characteristics of Respirators and Medical Masks. Washington, DC: The National Academies Press.

Les charges virales ne diffèrent pas sensiblement entre personnes asymptomatiques et symptomatiques

Zou, L., Ruan, F., Huang, M., Liang, L., Huang, H., Hong, Z., ... & Guo, Q. (2020). SARS-CoV-2 viral load in upper respiratory specimens of infected patients. New England Journal of Medicine, 382(12), 1177-1179.

Simulation de la progression de l'épidémie avec différents scénarios de port d’un masque. Si la plupart de la population porte une masque, alors la propagation de l’épidémie sera moins forte que par la seule mesure de distanciation sociale et et même qu’un confinement à durée indéterminée. Par contre, si seulement la moitié de la population porte une masque au début de l'épidémie, l’effet ne sera pas si important. L’effet du port du masque universel est plus efficace au début de l'épidémie, mais aussi si elle commence 50 jours après le début de l’épidémie plutôt que 75 jours après. Les pays qui ont ont imposé le port du masque (Taiwan, Japon, Corée du Sud, plusieurs régions de la Chine, Slovaquie, Slovénie) présentent une augmentation moins forte du nombre de cas COVID. Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=yfeW2l8G_W4&feature=youtu.be

Kai, D., Goldstein, G.-P., Morgunov, A., Nangalia, ishal, & Rotkirch, A. (2020). Universal Masking is Urgent in the COVID-19 Pandemic: SEIR and Agent Based Models, Empirical Validation, Policy Recommendations. ArXiv.

Le taux d'émission de particules émises augmente avec le volume de la voix.

Asadi, S., Wexler, A. S., Cappa, C. D., Barreda, S., Bouvier, N. M., & Ristenpart, W. D. (2019). Aerosol emission and superemission during human speech increase with voice loudness. Scientific reports, 9(1), 1-10.

La vitesse des gouttelettes émises est plus grande en toussant qu’en parlant.

Kwon, S. B., Park, J., Jang, J., Cho, Y., Park, D. S., Kim, C., ... & Jang, A. (2012). Study on the initial velocity distribution of exhaled air from coughing and speaking. Chemosphere, 87(11), 1260-1264.

Pour aller plus loin

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